Incorrigibles, ces ministres! Et si bavards… Nicolas Sarkozy, de retour à Paris après trois jours de détente passés au Cap Nègre en compagnie de son épouse Carla, réunissait ce mercredi matin le traditionnel conseil des ministres, mais dans un contexte très particulier. Il y a eu l'échec de la loi Hadopi jeudi dernier, avec une UMP désorganisée. Et depuis, certains membres du gouvernement ont multiplié les déclarations dans la presse, dans les médias, à propos du prochain remaniement.; De quoi irriter le chef de l'Etat! Jean-Pierre Raffarin a appelés les imprudents à se montrer « plus modérés dans leurs ambitions ». Mais la réaction la plus agacée est évidemment venue de l’Elysée : « il n'est pas interdit d'être candidat, il n'est pas interdit non plus de savoir qui décide », a prévenu lundi soir l'entourage présidentiel, avant d'ajouter: « ceux qui détiennent des portefeuilles ne doivent pas raconter ce qu'ils veulent, mais plutôt expliquer ce qu'ils font ». En clair, tout le monde au travail, et les ambitions au placard. Nicolas Sarkozy, selon un responsable UMP, a horreur de lire dans la presse les états d'âme de ses ministres. Ainsi, Roger Karoutchi a confié qu'il n'était « pas heureux ». Hubert Falco a dit « souhaiter un ministère autonome de l'aménagement du territoire ». Nadine Morano a fait savoir qu'elle voulait « l'intérieur, la défense ou un ministère de l'éducation élargi à la famille », en précisant: « je suis comme le président, il a toujours dit ce qu'il voulait ». Des propos « scandaleux en pleine crise, à quelques semaines des Européennes », s'indigne une proche du chef de l'Etat. « Il ne faut pas être surpris, les ministres ne font que copier la méthode Sarkozy », constate un conseiller. Un autre parie: « cet étalage a dû énerver Nicolas Sarkozy qui devrait passer une sacrée soufflante à ceux qui parlent un peu trop ».
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